Une gestion intelligente de l’énergie

Publié le 07 décembre 2016

Irina Sambueva | Étudiante à la maîtrise en génie de l’environnement et Vice-présidente au développement de projets et de partenariats d’énergie-ÉTS
Irina Sambueva Étudiante à la maîtrise en génie de l’environnement et Vice-présidente au développement de projets et de partenariats d’énergie-ÉTS

C’est 99 % de l’énergie produite par Hydro-Québec qui est générée grâce à l’eau. Or, comptant près de 500 000 lacs et 4500 rivières, le plein potentiel de la belle province est toujours loin d’être atteint. Cette richesse naturelle contribue d’ailleurs à la bonne figure qu’a le Canada en matière d’environnement et de production d’énergie sur la scène mondiale. Toutefois, un défi subsiste toujours, celui de rendre plus efficace l’ensemble des composants du réseau électrique. Autrement dit, comment distribuer l’électricité de façon intelligente et profitable, du producteur au consommateur?

L’efficacité énergétique joue un rôle clef notamment pour la réduction des gaz à effet de serre (GES), la diminution de la facture d’électricité et l’optimisation du réseau de production. L’apparition du concept de «Smart Grid», permet d’améliorer l’intelligence globale du réseau au moyen de technologies informatiques afin d’en augmenter son efficacité, favorisant ainsi l’insertion de technologies décentralisées, tels l’éolien, le solaire, la géothermie, etc.

Cependant, afin d’effectuer cette transition vers un système intelligent, des défis techniques devront être surmontés. C’est le cas d’ailleurs de la production d’électricité décentralisée bidirectionnelle. À titre d’exemple, une voiture électrique pourrait être chargée pendant la nuit et lorsqu’elle serait reconnectée au réseau lors d’une période de pointe de consommation, pourrait redonner son énergie emmagasinée afin d’aider à atténuer le pic énergétique. Il est nécessaire de stimuler le progrès en lien avec ces nouvelles façons de faire en soutenant la recherche et le développement de ces innovations. Le retour sur ces investissements se fera en économies de tailles applicables sur l’ensemble du réseau électrique. L’environnement subira également des répercussions positives.

Est-ce que l’usage rationnel de l’électricité fait partie intégrante de la gestion intelligente? Oui. Comme exemple on pourrait citer le plan d'action sur les véhicules électriques pour la période 2011-2020 adopté par le gouvernement du Québec. Celui-ci nous assure la justification de l’objectif environnemental suivant — diminuer le nombre excessif de voitures et d’embouteillages qui provoquent les émissions de GES et remplacer des carburants fossiles par de l’électricité verte.

Même si l’implantation des transports électriques dans les sociétés de transport du Québec demeure toujours un sujet d’actualité, plusieurs aspects viennent freiner sa progression : l’installation d’un nombre suffisant de bornes de chargement des voitures électriques, l’inertie politique, le lobbyisme des pétrolières et une population réfractaire et difficile à sensibiliser. De plus, les fournisseurs d’électricité semblent faire prévaloir la vente des surplus électriques vers les États-Unis plutôt que de faire arriver à maturité un réseau de transport électrique dans la province. Il y a aussi un manque à gagner en ce qui a trait aux études sur la question d’établissement des réseaux d'entrainement de charge des voitures électriques, car cela atténue l'intérêt de la population à utiliser le transport alternatif.

Dans un monde où les métropoles sont surpeuplées et où une catastrophe écologique millénaire frappe à la porte, le développement du transport électrique semble un objectif que nous devrions tous mettre en priorité. Malgré les défis qui se présentent, je crois qu'il est possible de se doter d’un réseau électrique et d’un réseau de transport vert, les générations futures ne pourront que nous en remercier.